Le lézard au Muscadet

Le lézard au Muscadet

La plage blonde est large. Vidée de ses estivants bruyants.
Les pêcheurs à pied cueillent au loin leurs brassées coquillées. La mer luit par mares étales. Le lézard cuit. C’est marée basse.

 

Copa Nema. Musique et douce solitude de la rentrée des classes. Le monde est à nous ! 
Un crapaud-buffle botté d’orange cahote, bourriche à la main. La brume sur l’océan se décille. Le soleil cuit mes épaules dénudées.

 

Des pas de géant tressent le sable. Le ciel blanchit. La mer bleuit. De vieux culs bottés arpentent la plage. Tous marchent vers l’horizon, placides, égrillards parfois.
À Copa Nema, une queue de cheval se déroule et lape le temps entre ses doigts ocre.

Pleurent les moules sous la lame. Le ciel veloute l’horizon, caresse cotonneuse.


Un « deux de trop » affabule au comptoir. Joies du breuvage divin, où que l’on soit…
Le monde a relancé la machine sans nous. De rares jeunes désœuvrés, des vieux… Privilège immense de « l’after » ! J’aime à vieillir comme un bon vin, faire miroiter le cristallin aux couleurs du serein.

Une poupée de vieux survient, d’un boubou, affublée. Le charme est brisé. Les paroles feutrées laissent place au caquetage haut perché.


Un autre monde s’immisce, coloré et chantant. L’Afrique s’installe en terrasse à Copa Nema. Le monde reprend ses droits. Adieu méditation, place à l’agitation…

Le muscadet redouble, fin et frais au brûlant de midi. Les odeurs de friture chatouillent les papilles. Le parfum des melons sur tranche rivalise avec le fumet de tabac. Le vin monte en douce euphorie. Il est temps de rejoindre l’antre frais pour distiller le breuvage délicieux.
Les lézards s’étirent les pattes avant de reprendre le chemin sableux.

 

Qu’il fait bon devenir vieux !

 

Zibelyne le 4 septembre 2012

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