Cavalcade au salon

Première gelée matinale. Je me suis levée ce matin il faisait pourtant doux dans la maison. Mon pare-brise frisottait dur, il a fallu gratter, déjà !

Hier matin je m’étais interrogée en pointant mon nez à la fenêtre. C’était mercredi, mon jour de congé. Oh jour béni !

Ce mercredi a été épique. Lili avait ramené deux souris la veille, et elle les avait lâchées dans la maison. Il fallait les dénicher à tout prix. Et puis, j’avais ramené un petit buffet, une bonne occasion de bouger les meubles.

La bagarre a duré toute la journée. Les fumistes nous galopaient entre les pieds, sous l’œil curieux des chattes qui ne manifestaient aucune envie d’entrer dans la chasse.

La première n’a du son salut qu’au choix de sa cachette. Elle s’était réfugiée dans une caisse à vin. Jack a rapidement posé la caisse dehors avant qu’elle n’en sorte. La maligne a pu ainsi s’échapper et retourner à son nid.

Mais il en restait une, déjà bien énervée par la traque. Nous l’avons pourchassée de cache en cache, de meuble en meuble. Elle est passée sous l’escalier, a traversé jusqu’à la bibliothèque.

Qu’importe ! La bibliothèque a été vidée et déplacée. La souris a filé sous le meuble billot de la cuisine. C’est en fait un ancien meuble d’imprimerie, relooké en billot. Peint en rouge, il est monté sur roulettes. Le balai a eu beau frapper, remuer, le meuble a eu beau rouler, la souris s’accrochait à l’envers, cramponnée au dessous du meuble.

Elle a profité d’un instant de découragement pour se glisser sous le gros réfrigérateur qui a roulé lui aussi, puis sous l’autre réfrigérateur qui est sorti de son coin.

Chaque nouvelle cache, était l’occasion de faire le ménage en grand. C’est épuisant de tout vider…

Enfin, en poussant la bibliothèque, et tandis que la coquine frissonnait maintenant sous le piano, une surprise ! Une autre souris résidait dans le creux sous la bibliothèque ! Une grosse, bien dodue et habituée des lieux.

L’instant était grave et angoissant. Allions nous parvenir à nous en défaire ? Depuis quand cette souris était-elle à la maison ?

Le pire, c’est qu’elles ne viennent pas d’elles mêmes. Nous avons quatre chattes ! Des chasseuses. Des tueuses ! Mais elles adorent, surtout Lili, nous apporter leurs proies en offrande. Elles les mangent le plus souvent, abandonnant le fiel et l’estomac, ou bien la tête quand ce n’est pas l’arrière train. Je ne connais pas le goût des souris, mais il est certain que les chattes font le tri. Si elles ont goûté du poison, elles ne les croquent pas, et les abandonnent sur le carrelage. Gare à qui se lève pieds nus la nuit, c’est d’une totale imprudence chez nous !

Pour le moment, nous restons avec nos deux friponnes que nous devons assassiner. C’est triste car c’est si joli une petite souris. Mais c’est si sale. Ça sème des petites crottes partout et leur pipi ne sent pas bon. Et puis, elles se fourrent dans les paquets de gâteaux, ah non ! Sacrilège !

Le piano déménage. Tout est en chantier. Nous avons déjeuné au milieu de tout ce bazar hétéroclite et les souris se sont reposées.

Mamie a bien tenté de faire sa sieste dans ce remue-ménage, peine perdue.

La chasse commençait à s’organiser. Des barrages de planches pour la montée d’escalier, des obstacles infranchissables entre les meubles, et on parvint, enfin, à isoler une des coupables.

Coincée sous l’armoire, la souris n’a pu échapper au chausson de Jack. Un bon chausson, pas une charentaise. Non, une bonne semelle épaisse qui lui a fait gicler les tripes en lui éclatant le ventre. La pauvre n’a pas eu le temps de comprendre ce qui lui tombait dessus qu’elle était partie au paradis des souris. C’est la pelle qui l’y a conduite, d’un vigoureux lancer dans la friche à côté de la maison.

Restait la résidente, l’habituée, depuis quand, aux cachettes du salon. Elle nous a bien trimballés. Sa première erreur fut néanmoins fatale. Elle a choisi d’aller sous l’escalier. L’aspirateur, de sortie pour le grand nettoyage fut d’un grand secours. Jack dans sa tentative de l’écraser avec le balai la fit jaillir contre la porte d’entrée où je l’attendais de pied ferme, aspirateur en marche. Slurp, le tuyau métallique n’en a fait qu’une bouchée. Aspirée par la queue, la souris disparut dans l’aspirateur.

Dans sa grande mansuétude, Jack sortit le sac sur la pelouse, au cas où elle ait survécu.

Hélas, cette attention fut vaine, comme je le pressentais. Je retrouvai le petit corps intact englué dans la poussière et les poils de chat. La puissance de l’aspiration avait du la tuer avant l’étouffement.

Les souris disparues, le bazar restait. Le petit buffet prit la place de la bibliothèque, et de grain en grain de poussière, le ménage fut terminé à 18 h 30.

J’étais encore en pyjama, et jamais bon bain ne me parût aussi doux. La maison elle aussi était toute propre. Tout était calme et en ordre, en attendant la prochaine chasse de Lili.

 

Le 20 octobre 2011

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Commentaires : 5
  • #1

    POZICE VE VYHLEDÁVAČÍCH (mardi, 24 avril 2012 22:30)

    nice post

  • #2

    Terrance (dimanche, 22 juillet 2012 01:40)

    Hi there! This post couldn�t be written much better! Reading through this article reminds me of my previous roommate! He always kept preaching about this. I most certainly will forward this post to him. Fairly certain he�ll have a good read. Thank you for sharing!

  • #3

    Eve Zibelyne (dimanche, 22 juillet 2012 23:04)

    Merci beaucoup Terrance !
    Les souris finissent le plus souvet dans la gueule des chats... comme celle de ce matin que Lili a croqué pendant que je prenais mon café...

  • #4

    Beats By Dre For Sale (lundi, 23 juillet 2012 09:44)

    Thanks post and thanks for sharing. Some things in here I have not thought about before.

  • #5

    Eve Zibelyne (lundi, 23 juillet 2012 21:38)

    Merci Beats By Dre For Sale ! Juste une petite histoire de la vie quotidienne !