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Psychotiquée

Deux yeux du rire aux larmes,

Un QI de nympho, le cul bas,

Est-ce une chose réparable ?

 

La chose est nuisible et se répand.

Les rustines se posent en vernis

La psychotique sévit en charme

Dézingue et déglingue en loufdingue

La psychotique chérit en squames

Ah, ah, ah ! elle déclame ses drames

Et les noue, ficelés dans ses larmes

Ah, ah, ah ! en punaise elle s’arme,

De lances assassines elle désarme

Et les plante, banderilles à l’âme

D’aveuglés, naïfs, par ses yeux,

Deux yeux du rire aux larmes,

Un QI de nympho, le cul bas,

Est-ce une chose réparable ?

 

La psychotique se pose en sangsue

Sur les bribes de vies morcelées

À ceux qui donnent leur amitié.

Un seul remède, la supprimer.

Trancher vif en mort scellée

Tailler net en mort citadelle

L’enfermer.

Ne plus la regarder, l’effacer,

Gommer à l’encre rouge

La fétide en son bouge

Farder son cul sali

De masque de vérité

Égorger tous ses tiques

Là, devant la psyché

En ronde psychédélique

Le mal, en extirper

Pour jeter sa défroque

Conserver la mitée

L’être en bille neuronale,

Relique de compassion

En soupçon de pardon

Faut pas être trop con.

 

Deux yeux du rire aux larmes,

Un QI de nympho, le cul bas,

Est-ce une chose réparable ?

 

Psychotiquée, elle est toquée

Pas trop, elle sait encore jouer

De flamber ou d’ vous blouser

Elle allume la mèche, la chouette

Hulule sous son grand bandeau

Porte l’estocade au taureau

D’un rire perlé qui cascade.

Elle vous flingue en toc mascarade

Toc, toc, elle est toquée, et vous ?

 

Deux yeux du rire aux larmes,

Un QI de nympho, le cul bas,

Est-ce une chose réparable ?

Doit-on hausser ce cul

Et descendre le I

Doit-on les jumeler

Ou bien, couper le O ?

La nymphe[1] suffirait-elle

À votre libido ?

Ourlée bien comme il faut

Vulvérine sans vaseline

C’est tout ce qu’il vous faut.

Les hommes sont saligauds

Et la femme un chameau.

Psychotique, psychonique

Il fallait y songer

Dans un verre d’arsenic

Il fallait l’y plonger

Les lèvres en éventail

D’une dernière frisée

Elle irait rendre l’âme

Là où elle est fourrée

Et les rêves foutraques

Qui vous rendent patraques

Seraient évaporés.

Au baiser de la mort

Rien ne sait résister

Guette au trou vous seriez

À nouveau, animés

Les yeux du rire aux larmes

Pour un QI d’ nympho au cul bas…

Êtes-vous réparables ?

 

Zibelyne, 2 novembre 2016

 

 

·       [1] Chacune des petites lèvres de la vulve.

J’con posterai

 

 

Ca n’grouille pas qu’dans les bas-fonds, dans les Zup

D’quartiers HLM défavorisés

La vermine rampe sous le front des pétasses

Fouille-merde aux regards sous la frange fange

Des faux amis alléchés, en voyeurs

Pour grappiller dans votre cour les fruits

En rires faux qui sonnent, aigrefins

Tout est bon pour parvenir à leurs fins.

Je composte.

Passer au broyeur

Lacérer en découpes charnelles

Jeter au composteur

Couche à couche

Rendre à la terre la pourriture amère.

Je composte mes haines et leurs noirceurs

Les vapeurs toxiques, parfums de rancœurs

Les garces enjôleuses aux jambes longues

Au QI d’ baveuse, la mouilleuse oblongue

Que je hache menu quand vient la nuit

Au compost des grues, d’celles qui ont nui.

Mon jardin noir charrie

Des flots de sang raidis

Strates carmin calcifiées

Formicas stratifiés.

Mon jardin noir fleurit

Et se dressent, belles orgueilleuses, les roses

Quand sur la terre je libère les os

En poudre blanche enfouie, rien ne se perd,

Au compost, les os s’font sucer par les vers.

Ca n’grouille pas qu’dans les bas-fonds, la vermine

Ca s’développe prés de vous, ça vampirise

Vous observe, vous utilise, subtilise

Vos amours en rictus de détraquée

Les patraques du cerveau, salopes foutraques

Nymphos suceuses d’quartiers favorisés

Qui s’gargarisent de baisers dérobés

Aux mecs de trop vieux couples déboussolés.

Je composte.

Passer au broyeur

Lacérer en découpes charnelles

Jeter au composteur

Couche à couche

Rendre à la terre la pourriture amère.

Les cons, je vous les poste

J’envoie aux antipodes

S’faire baiser les cloportes

J’déporte à la boite jaune

Aux ordures, au compost

Les fuyants, les pas clairs

Et comme disait l’ancienne,

Il « fayet » pas le faire.

Fayet pas y toucher

C’est clair comme de l’eau d’roche

Brouet sombre, la part d’ombre,

A ma vie très privée

Faut pas tout mélanger

Les palots à rouler

Et les coups à tirer

Sont autant de boulets

Que j’envoie au gibet

S’ils me sont dérobés.

Je composte.

Passer au broyeur

Lacérer en découpes charnelles

Jeter au composteur

Couche à couche

Rendre à la terre la pourriture amère.

Je vous poste mes cons

Ils ne sont pas légion

Dedans il y a des connes

Qui ne sont pas des nonnes

L’cul fiché au turbin

En lubrique chemin

Elles harponnent les wagons

De trains qu’avancent sans fin

Pas d’ceux que j’aimerais qui montent

Sur leur cou de leurs roues

Ensanglanté chemin

Parsemant mon jardin

De pétales carmin

D’éclats de vie flétrie

Et se dressent, belles victorieuses, les roses

Quand sur la terre je libère le sang

En poudre rouge, enfouie, rien ne se perd

Au compost, le sang s’fait boire par la terre.

Je composte.

Passer au broyeur

Lacérer en découpes charnelles

Jeter au composteur

Couche à couche

Rendre à la terre la pourriture amère.

 

 

Zibelyne le 26 septembre 2016

Vogue la galère   (télésnobe)

·                                 Vogue la galère

Galère vogue en rade à l’amarre

Vogue en sur place à la ramasse

Sous l’œil du cloud qui amasse

Stoïque, sans âme, morcelant

Sa vie en lambeaux, échiquettes[1]

Stockées en ordonnancement

De clichés et d’idées,

Liberté amarrée.

Il ne vous voit ni ne parle

Absorbé par la toile.

J’te télésnobe ! se grave sur son front

En bouffées de touches pianotées.

Ses sourires sont pour son « tel »

Ses élans pour les écrans

Il n’entend plus sa maman.

Il a oublié les vagues

Lui qui surfe sur la toile,

Oublié les nuées

Qui couraient sur la grève.

Il ne connaît plus celles

Qui rythment le quotidien.

Les excès de partage

Sur les écrans d’portable

Et les réseaux sociaux

Sont les maîtres du jeu.

Galère vogue en rade à l’amarre

Vogue en sur place à la ramasse.

Oublieux des corsaires, il rame

Sur ses barrettes de mémoire ram

Rideaux de fer baissés

Sur son appart blindé

Il traque, navigateur,

Rideaux de fer cerclés

Binocles sur le nez

Les forbans du virtuel

Voleurs d’identité.

Il a oublié les vagues

Lui qui surfe sur la toile.

Il a oublié les hommes et les femmes

Le goût des amitiés aux bars infâmes.

Ses amitiés sont étoiles accrochées

À ces ciels illuminés qui abritent

Son intense activité.

Nulle facétie ne saurait

Un soir l’en dissuader

Son sort en est jeté

Il est son prisonnier

Il s’est fait emboucanner.

Oublieux des corsaires il rame

Sur ses barrettes de mémoire ram

Voyage heureux sur la grand-voile

Vous télésnobe si on lui parle

C’est son navire sur la vague

D’infos de potes à la ramasse

De malandrins de grand chemin

Qui trimardent et se tiennent la main

Pour traverser les horizons

Crever le front du quotidien

Refaire un monde sans leçons

Se moquer du qu’en-dira-t-on.

Galère vogue en rade à l’amarre

Vogue en sur place à la ramasse

Sous l’œil du cloud qui amasse

Les données de sa mémoire cache

Pour le piéger là, dans la nasse

Qui l’arrime aux barreaux

De sa chaise de bouleau

Compagne de son dos

De son dos de chameau

Esclave, au jeu des mots.

 

 

Zibelyne le 9 juillet 2016

Dis-moi dix mots 2016/2017 Télésnobe

 



·       [1] Pile d’objets disposés perpendiculairement.

o    Colonne de bûches fendues située aux extrémités d’un rang de bois de chauffage.

o    Pile de planches.

·       Coffrage en bois dans lequel on met un poteau qu’on maintient vertical en tassant des pierres autour.

 

Curriculum vitae. Première vie

 

Naître ou ne pas naître.

Elle est née deux fois

Du ventre de sa mère

Elle ne se souvient pas.

Elle se souvient du jour

De l’année aigre-douce

Du béton froid brutal

D’un garage à vélo

Sur un blouson de cuir

Qui lui arrachait l’dos

De ses clous rivetés,

Celui du dur à cuire

Aux ongles de métal

Qui a pris son pucelage

Au creux de son jeune âge

Sur le sol souillé

Sans merci, pilonnée,

C’est là qu’enfin, elle est née

D’un voyou frais sorti

De rue Henri Martin…

Pour les non affranchis

C’est d’la taule qu’il s’agit.

Elle sortait d’sa cambrousse

D’Eugène Sue et Zola

N’connaissait pas la frousse

Révérait les galetas,

Romantisme fatal,

En attrapa la balle.

Vinrent les coups, le turbin

Pour entret’nir l’bâton

Qu’il trempait au matin

Dans des chattes égarées

Avant d’rentrer, pas fin

Se pieuter comme un chien.

Et elle a pris le bus quatre

En novembre, un matin,

Pour accoucher d’une puce

Prématurée de faim.

En voilà, une affaire

Elle avait bien quatre mains

Mais pour changer les couches

Elle n’y connaissait rien

Et tandis qu’au plumard

Son gonze dressait le dard

Sur son lit d’hôpital

Elle s’éveillait pâlotte.

On lui avait piqué

Son petit bout de mioche

Mis en boîte de verre

Sans avoir vu sa mère.

Retournée au turbin

Pour gagner son bout d’pain

Elle s’en va au parloir

Le soir voir son moutard.

Derrière la vitre froide

Sous la pluie elle regarde

Le chariot amené,

Sous son petit bonnet,

Le bébé ficelé.

Dans la froidure enfin

Elle saisit le butin

En apprentie maman

S’débrouille, instinct d’survie.

Tant va la cruche au temps

Qu’elle se casse aux sept ans

D’ la môme, elle, femme enfant

A eu ses 23 ans.

Une porte en ouvre une autre

Un homme chasse l’autre

Un escroc contre un voyou

Elle n’en voit pas le bout,

C’lui trempé au matin

Dans des chattes égarées

Avant d’rentrer, serein

Se pieuter comme un chien.

Ceci est une autre histoire

Autre vie, autre galère,

Femme enfant peine à grandir

À croire qu’elle n’ sait qu’souffrir.

 

Zibelyne

 

3 septembre 2016

 

 

 

Syncopée nomade

 

 Partir. Partir en rêve d’espoir tout le long du canal, en eaux sombres.

S’fendre la poire, d’un coup d’lame en sourire, redessiner le vide, se tirer en bordée.

S’fendre la poire et la boire, cul sec, en descente à la raide.

Accroche. Bancroche en titube. Pétoche en biture. Pétoche…

La trouille de ne pas voir. Ne pas savoir demain.

Approche en aveugle. Heurter. Riper. S’accrocher au bastingage.

Le canal est un gouffre. Les eaux pissent noir et les péniches se marrent.

Suffoquée de couleurs qui t’en foutent plein la gueule sous le lampadaire, comme les putes sur le quai, la goule enfarinée, qui sucent pour oublier qu’leurs dents se sont barrées. Bariolées, le cul emballé de plastique rouge, les poules bourlinguent.

Y a plus de marins, rien que des putes nomades à pompons la pipe à la main en hoquets surmenés, et les péniches s’endorment, mornes, monstruosités au ventre gonflé de fuel, à péter sous la houle, hilares.

Matin trouble, l’horizon se brouille. Exhalaisons. Ça sniffe la pisse rance au cri des mouettes en quête de bouftance. Les putes s’étirent et se tirent avec l’aube crasse qui dévoile les radasses en brumard[1].

Des qui cahutent à terre.

Des pour le cimetière.

Des qui vont au turbin, le ventre qui crève la faim.

Courir. Courir en vague d’espoir, tout le long du canal, en eaux vertes, s’fendre la poire et y croire, dur comme fer, en grimpette sur la corde. Raide. Accrochée. Élevée en obstinée. Embardée en usine. Embarquée. Les péniches craquent de leurs échardes souillées.

Mazout. Poil à la zoute. Esclaffe pour une esclave enchaînée. Marée en reflux d’égout, relents de misère humaine qui sent bon le familier, le coup de gueule, les corps lascifs et gras, les haleines avinées qui braillent en dérouille.

Soudain, la mer. La vague, enfin, qui claque et qui fouette, qui lave la souillure, qui rugit en écume blanche.

Nomade blanche en épure.

Blanche en veine éclatée.

Pur du rouge qui s’écoule en lait noir.

La lumière foudroyée s’éteint.

Tout est si blanc.

 

Zibelyne, 1 septembre 2016



[1] Néologisme : de brume et plumard

   



 

La frite céleste

 

 

Gloire à moi ! Je suis la frite céleste, une fois, et je vais vous la battre grave, bande de mollusques ! Regardez, comme je suis grasse et immense ! Je n’ai rien d’un canular. C’est vous, qui me donnez vie, de vos peurs rances, de vos sueurs aigres, de vos prétextes imbéciles.

Lorsque je vous regarde, je ne vois que coquilles inutiles, tristes grimaces de moules autrefois largement ouvertes en délices gustatifs. Garnies de persil et de lard et sans canules, vous animiez la braderie, et Lille, qui s’en dédit, me snobe, alors que je m’évertue, turlututu chapeau pointu, à défendre les couleurs d’une laïcité en perdition. Parmentier s’en retourne dans son plat, lui qui raffolerait de moi.

Je n’en resterai pas là, et d’une effigie géante, je deviens symbole de résistance, la frite céleste, mesdames et messieurs, pour clamer haut et fort, exclue devenue, qu’en mon assiette de compagnie, désormais, je n’hébergerai que moules athées et qu’il faudra, pour me sucer l’huile, me faire la cour comme à une reine, que d’ailleurs, je suis.

Ne croyez pas que je suis sur un stratus et qu’en rêve, je faribole en recherche d’oboles. Point s’en faut. La frite est unique ! La frite est magique ! Elle est votre plat favori !

Je déclare lancée la guerre des frites ! Le riz n’a qu’à bien se tenir. Moi seule peux accompagner les moules pour transporter vos appétits insatiables vers des valeurs universelles. Des pisteurs viendront vous traquer, vous décoller des rochers qui vous abritent, casanières transies de crainte d’enfumer avant d’être consommées. Ce n’est pas une bombinette qui nous résistera ! Moules et frites réunies, nous serons invincibles pour souffler un vent furieux sur les ignares et les politicoprécautiovieux.

Ensemble, faisons tomber le masque et délivrons la populace de son atonie ! Les moules frites montent en première ligne, attention, ça va gazouiller, une fois !

 

Zibelyne 1 septembre 2016 

Cancer en variations

 

Le cancer…

J’ai mis du sel sous le tapis

Une bougie à la fenêtre

J’aime bien ces rites païens

Pour dire qu’on n’est pas des chiens

Et quand bien même ils en sont

Ils sont moins cons que les humains.

J’emmerde le cancer qui pourrit la chair faible

Le con serre… l’image est savoureuse

Quand sert le con, fait un cancer

Quand serre le cul, fuse au concert

Échappée belle en strapontins, mais au concert, tout finit bien

Si sagittaire y met la main, pas au panier, il est percé

Ni à la pâte, c’est du turbin et turbiner c’est fatiguer, et…

Quand sert-on donc le thé ? Il est serré, comme le café ?

Noir comme un trou, de balle s’entend, cancérisé

Colonisé par une bande de dégénérés

Quand c’est risette, c’est Marinette, qui le chatouille

Et qui farfouille, histoire d’savoir, si ça merdouille

C’est con d’le dire, c’est quand, qu’on sert les nouilles ?

Cancer par ci, cancer par là, on joue au chat

Quand serre les dents, grince des touches en noir et blanc

La souris a coincé sa queue sous les marteaux du grand piano

Quand sert-on donc le thé ? Il n’est plus temps de bavasser

J’voudrais manger, avant d’clamser, et puis danser

Le con serré faire des volutes de mes fumées

Celles de quand sert la cheminée de mon gosier

En concerto, et tard aussi, si il le faut

Mieux vaut moutard que jamais, la blague éculée…

Quand sert-on donc le thé ?

 

 

Zibelyne, 1 septembre 2016

Le bagout du ragoût

Je l’ai enterrée là, dans un coin de misère

Rangée au fond de moi, au placard des enfers.

Un jour, je la croquerai, du pinceau sur la toile

Pour figer à jamais, ses poignards, ses regards,

Au rang de mes harpies.

Elle m’empoigne, elle attise, la garce, le brasier

Elle s’accroche à ma peau de sa haine, rivetée.

Son ventre mou charrie, délires de placenta

Ses haleines pourries, monstres ensevelis.

Dire, que je sors de là.

 

Y en a qui, mais moi pas, qui croquent je ne sais quoi

Moi j’m'en cogne des perlouses, j’vous invite, sur la p’louse

Du cloître de l’abbaye, chez moi, à Cormery.

Pas payé, pas payant, telle est ma devise

On joue, on clame, on gueule, on rit, on mange, on boit,

On écrit l’avenir, on construit, grains de sable,

Nos châteaux en Espagne. On est potes, on s’en fout

Des gondoles à Venise, et des cons en queue d’c’rise,

La flotte, y en a partout et les cœurs des poètes,

Des vrais.

Pas de ceux qui s’la pètent, se retrouvent n’importe où.

Le monde, il est à eux, tout au fond de leurs yeux

Et qu’importe les vieux cons, jeunes, ils étaient vieux cons,

Qu’importe les silences, le fracas de l’absence

Qu’importe les fratries qui, occises, se délitent

Le sang nous est impur, l’esprit a la peau dure.

 

Je l’ai enterrée là, dans un coin de mémoire

Qui se réveille, le soir, se ravive en cauchemar

Un jour, je l’échin’rai, écras’rai le cafard

Comme un mégot tiré comme une paille, au hasard.

Elle ricane, elle brait, la carcasse, la vieille crasse

Elle fume du calumet, de son cul extirpé

Il n’y a que de là, que sort le mot pet… (paix)

En prière assassine, pour flinguer en rapine

Enjôleuse perverse planquée derrière la herse

Des croqueuses fielleuses pour gâteuse emmerdeuse.

Dire qu’elles sortent de là.

 

Y en a qui, mais moi pas, qui croquent je ne sais quoi

Moi j’m'en cogne des perlouses, j’vous invite, sur la p’louse

On boira à la loose, aux rêveurs, aux poètes

Laissant loin derrière nous, les connards qui s’la pètent

La paix, je n’l’aurai pas, mais je laisse la bouse

Aux merdeuses affamées de cet ignoble flouze

Qui nous fait entretuer. Chez moi, rien que du rouge

Du fameux raisiné pour teindre du jour les heures

Après l’p’tit déjeuner. J’vous invite en bagout

à goûter mon ragoût, l’cul vissé sur la pierre

Tombale du passé, enterré, là, derrière

Pour n’pas le réveiller.

 

 

Zibelyne, 1 septembre 2016

La Zibelyne et les rapias

La Zibelyne ayant vécu richement

D’amours de vin et de glands

Se trouva fort dépouillée

Quand l’ temps chaud fut arrivé.

Ses trois sœurs ses viles frangines

Mijotaient en leur cambuse

Moult fourberies et ruses

Pour parfaire sa perdition,

Et, fi de la quatrième,

Achever la proscription.

Les Zibelyne et Marilou

Ne savaient pas comploter,

Ourdir et manipuler,

En cigales elles vivaient

De p’tits sous et d’air du temps

Repoussées par leur maman

Qui crachait sur toutes pourtant

Crapauds et couleuvres, bêlant,

Agitant de ses billets

La lie des mauvaises pensées

Des vénales attirées

Comme mouches sur du fumier.

La triade vilipendait

La vieille sur ses regardures

Mais ne savait résister

Au pognon, aux rires ordures

Hypocrites détestables

Préférant se mettre à table

Le cœur riche de fêlures,

Elles en scellaient le destin.

La Zibelyne et Marilou

Lassées d’inutiles refrains

Baguenaudaient, pas pat’lines

Sans rien d’mander à demain.

Vint le jour des vaches maigres

D’avoir épuisé l’butin

Elles en firent des choux aigres

Et vendirent pour l’dernier ch’min

De leur vieille le quignon d’pain

À sucer entre leurs mains

Ratissant les p’tites cuillères

Pour s’payer une dernière bière

Sur la tombe de leur père

Qui leur offrait là, revanche

Sur la Zibelyne les grosses tanches

En holographe oublié

Chez le notaire au grand nez

Après avoir supprimé

Tout papier pour contester

Qu’la Zib est déshéritée.

La Zigale fut bien marie

De cette posthume fourberie

Pour s’être le ventre rempli

La première de la fratrie.

Point de fourmi, mais d’cafards

Les blattes ne se font pas rares

Pour racler les fonds d’tiroirs

Aux familles fric qui foirent

Au jus amer des ciboires.

Marilou dans cette histoire

Éberluée d’vant ces culs d’pet

Fit un chèque pour faire savoir

Que chacun n’est pas si noir

À la Zibelyne femme miroir

Des errements détestables

De rapaces qui s’mettent à table

Pour nettoyer les ossements

Des vieux, morts ou vivants.

La Zibelyne l’en remercia

Un grand cœur n’est pas rapiat

Une vaut mieux que trois salopes

Vendues pour d’antiques varlopes.

Elles tomberont en poussière

Pourritures délétères

Bientôt rongées par les vers

Des trahisons ordinaires

Le cul farci de vipères

Et la bouche emplie de pierres

Le vagin cloaque offert

Aux nettoyeurs mortifères.

La morale ne nous dira

Au jeu d’familles on verra

Se répéter la curée

Par les vénales érigée

Et les enfants s’déchirer

Pour trois sous empoisonnés

Sous les yeux de Marilou

Sous les yeux de la Zibelyne

Femme miroir de cette histoire

De veines où coule un sang noir.

 

 

Zibelyne le 17 août 2016

Les pages blanches

La puissance de l’intériorisation des sentiments n’a d’égale que la foudre avec laquelle ils s’abattent sur les pages blanches.

 

Les pages, celles que l’on tourne

Des actes consommés.

Les pages que l’on retourne,

Encore, pleines de regrets.

Les feuilles envolées

De nos amours manquées

Les feuilles compilées,

Accrochées en trophées,

Photos sépia floutées

De mecs endimanchés.

Et puis, il y a celles

Qui doivent rester cachées

Souvenirs troublants

De sexe, parfumés,

De ces mots crus d’antan

Qu’on ne sait plus oser,

D’enfourchades piquantes,

De bites turgescentes

De lèvres, appétissantes

De celles qui s’font baiser.

Et il y a les autres,

Celles des noirs secrets

De sombres gouffres viciés.

Je ne parle pas de trou,

Le cul mérite honneur

Et doigt qui le fourbit

Fermons-en l’aparté,

Mais de ces pages obscures

Secrets contre nature

Glissées, pour nuire, pliées,

Entre les livres, planquées,

De ces mots griffonnés

En trace indélébile

Qui attendent l’âge sénile

Pour décocher les flèches

Des rancœurs inavouées.

Les pages…

Pages de sang tachées.

Les pages…

Pages de trahisons

Se tournent en tourments

Inscrivent en fourbes

Le destin des enfants

Sur le livre mesquin

De comptes des requins.

Pages avides…

Pages sordides…

Dans les mains des faquins

Qui, de faits anodins,

Font tout un Saint-frusquin.

Les pages sont faites pour les écrivains

Pour qu’ils content fleurette au cul blanc des putains

Elles sont des pages à lire, des pages à sourire

Loin des méchancetés trop lourdes à digérer

Millefeuilles de vices vrais, avarices turpides

De gens qui valent moins, que le cul des catins.

Les pages sont faites pour les écrivains

Pour conter, des cons, les crimes

Pour asséner des vérités

Pour ironiser sur le fil

Pour clamer le droit d’exister.

Feuilles volantes, feuilles changeantes,

Feuilles libres, feuilles futiles,

Pour le beau, l’inutile,

Pour détruire l’argent

Pour parler à la lune

Le cul dans un étang

La moule en nénuphar

Sucée par les têtards

Le terrier alléchant

Qui bulle dans l’eau, pétant.

Les pages sont faites pour les écrivains

Pour transformer la haine en rire

Pour de l’affreux, donner plaisir

Pour de l’horreur, crier, vomir,

La fleur au bout du nœud

Matant l’joufflu soyeux

Croquant à pleines dents

Le cul des filles, bandant.

La fleur rose aux tétons

Matant les gros roustons

Croquant à pleines dents

Les bulbes délirants.

Les pages s’effeuillent

Comme la Marguerite

Belle vache, ou p’tite taille pipe.

Les pages s’effeuillent

En strings et culottes

Et qu’importe leur parfum

Pourvu qu’il soit mutin.

Les pages sont faites pour les écrivains

Les lire, ne rend pas toujours plus fin.

Fin !

 

 

Zibelyne, 10 août 2016  

La faute à du con

 J’ai la gueule de travers

C’est la faute à mon père

Le nez vers le menton

C’est la faute à du con

Qui tapait de sa bite

Le rang du fond du con

De ma mère, la moule frite

Qui s’tenait pas l’bidon.

J’ai la gueule de travers

C’est pas ma faute mon frère

Ballottée, malmenée

Par tous ces coups dans l’nez

Et ailleurs même, qu’à force

Un troisième trou m’est né.

L’utérus de travers

C’est la faute à mon père

Et le trou en siphon

C’est la faute à du con

Qu’avait foré en biais

Par l’nombril, par l’derrière

Repoussant les barrières

De la science en dictons

« Les chiens font pas des chats »

Beuglait le baryton

Levé sur son arrière

Les couilles en suspension

En pendule aurifère

Pour prédire, faut le faire,

Que ce s’rait un garçon.

J’ai la gueule de travers

C’est la faute à mon père

La vue qui biaise, pardon

C’est la faute à du con

Qui lubrique enfilait

À défaut de patins

Une longue vue dans l’bas-fond

De ma mère pour mater

Furieusement fureteur

En écartant l’dindon

À qui ressemblerait

Son précieux rejeton.

Moi, j’ai serré les fesses

J’lui ai tiré la langue…

Il a crié, victoire !

J’ai bien vu sa zézette

Et l’abruti notoire

À r’fermé la craquette

Sur mes humeurs noires

J’en balance une roquette !

J’suis arrivée un soir

D’hiver sur la moquette

Livrée en bassinoire

Sur un cri de trompette

Et ils m’ont laissée choir

Comme une vieille chaussette

Du père en désespoir,

J’avais pas de quéquette… !

J’ai la gueule de travers

C’est la faute à mon père

Et une moule à biftons

C’est la faute à du con

J’tapine là, juste derrière

Et on m’p’lote les nichons.

Le vieux, du con, mon père

Qui voulait un garçon

S’est vengé d’moi pubère.

Il m’a décapsulée,

Histoire de vérifier

Si s’cachait pas derrière

Une bite, oubliée ?

D’dépit, il m’a fourrée

Le devant, le derrière,

Car lui avait une queue

Grosse comme une gouttière…

Dans le midi, eh, con !

Où il créchait, naguère,

Et en avait gardé

Un habit de lumière

Qu’il enfilait, pardi,

Pour partir, en truffière,

Aux aguets, le mari

Dans la chatte de la mère

Grosse comme un charançon

Où poussaient champignons

Et un énième lardon

Qu’il espérait, l’morpion

Doué d’une lance, peuchère !

Ce n’fut point un moucheron

Mais une pisseuse, con !

L’furet en fut tout vert

Et r’fermant sa boutique

Dans la braguette coinça

Son petit élastique

Qui rendit l’âme, taillé

En dents de scie sans trique.

De gros fil de cuisine

Il cousit sa bourrique

À la porte, accrocha

Pancarte fantastique…

« À la moule farcie »

Dev’nant, c’gros con d’père

Le maton de ces chattes

Dépourvues de zizi

Pour aller faire pipi,

Monsieur Ducon, très fier.

Z’ont la gueule de travers, l’ cul large montgolfière, c’est la faute à leur père…

Les nichons en citrons, la moule sur les arpions, c’est la faute à Ducon…

 

Zibelyne 4 août 2016

 

Femme miroir

 

Entre la peste et l’choléra

Devait-elle choisir ?

Avait-elle le choix ?

Un doute l’assaille…

Déshéritée pour s’être mariée

Ou pour avoir pris le large

Le ventre plat d’sa môme préma

De sa mioche qu’elles lui reprochent

43 ans plus tard, les coches.

Sidérée.

Les rancunes sont tenaces

Les prétextes sont crasses

On les lui jette à la face

Jugements de petits esprits

De mère en fille colportés

Pour mieux se dédouaner.

Famille amputée de cœur

Qui ne sait voir ses erreurs

Et prend des airs puritains

Si l’on presse ses furoncles

Si l’on brocarde, furibonde

Pour faire jaillir la lumière sombre.

Déserts amers se nourrissent

De corbeilles qu’on ne sait vider

La verve elle, est liberté

Celle de dire des vérités

Qui dérangent

Qui démangent

Refuser la chienlit

Epingler de mots crus

Les AVC sordides

Épingler sur leur cul

Les turpitudes avides

De la normalité niaise

Qu’elles affectionnent, ben aise

Dans la gangue étriquée

De leur esprit borné.

Il eut été plus simple

Qu’elle ne fût pas née.

Elle est femme miroir

De leurs scléroses noires

Elle vit à pleins poumons

Sans germes pudibonds

Et elle emmerde

Les connasses qu’ont la chiasse

Les faux-culs, les pétasses

Qui bavent dans leur mélasse

Pour soutirer les derniers jus

De la mort rackettée

De l’opprobre accepté

En punition de dits péchés.

Péchés, mon cul !

Les voici donc curetons

Cul sur le siège de dieu

Pour racler, les friponnes

La quête pour leur pomme ?

Je me permets, j’ironise,

D’en rire et de maudire

Cette famille damnée

Qui échoue sur la ligne,

Fratricide en misère.

 

Si nous étions en guerre

Elle aurait été clouée au piloris

Laminée, lapidée, rasée

Insultée, ah ? c’est fait…

Fendue, décapitée

Violée par les beaux-frères

Sous les yeux de la mère,

De leurs femmes stupides

Pour la gloire de leur père.

De sa chatte arrachée,

Ils auraient fait trophée

Et de son ventre ouvert

Auraient nourri les vers.

La haine est un mot simple

Qui se décline sans fin

Sans pensée, sans reflet

Mais elle est le miroir

Qui renvoie tous les âges

Elle sait la fange qui nage

Aux crânes solitaires

Qui avancent en groupe

Mais restent seuls sur Terre.

Mais elle est le miroir

Qui reflète la bière noire

Qui dérive vers Caron

Lourde de désespoirs

Que lèguent les proscrits

Forts de n’en pas vouloir

Au trio d’infortune

Qui rame en rancunes

Pour la perpétuation

De la bassesse des cons.

 

Les cons ?

Chacun en rit

On les repère

Les met à part

On vitupère

Mais les cons sont légion

Qui ne savent se connaître

Oui, les cons sont féconds

De lâchetés en maîtres.

L’école des cons

Ferait bonne figure

Et nombre de professeurs

Sauraient y faire honneur.

Las ! Les justes s’ennuieraient

Sans cons à brocarder

L’art de la mitraille

En mordant d’ironie

Pour eux, est pour les autres…

Ils payent même pour entendre

D’imaginaires roustées

Sans comprendre que derrière

C’est eux, qui sont visés.

Humoristes miroirs

Savent les âmes scélérates.

Elle est femme miroir

Elle gratte le vernis

Elle se fait des ennemis

Elle est

Et ne plie.

 

Zibelyne le 28 juillet 2016

 

 

Pour 7500 coups de crocs

Je cracherai dans la poussière

Mon dégoût de les voir.

Exhérédation. Mot barbare

Elles ont accepté l’avanie.

Le rejet. Hystérectomisée

Du ventre de la marâtre,

 Mais me poursuivent encore

Toutes ces boues noirâtres

En flot de haines contenues

De jugements ininterrompus.

Je suis.

Je suis le NON

Je suis le grand A

Le grand A d’Assumer

Le grand A d’Amour

Le grand A d’Amitié.

Elles sont le petit a

Le petit a d’acceptation

Le petit a d’abandon

Le petit a d’argent

Nourri du circonflexe

D’indignation du a de lâcheté.

Elles ont donné un prix

À cette indignité.

7500 euros, le prix à payer

Pour être libre d’être

Pour ne plus être d’elles

Rien d’autre qu’une estrangère,

Libre de parler.

Les dernières chaînes sont tombées.

Elles portent les maillons

De toutes leurs délations

De leurs compromissions

Elles, sœurs avides aux ventres niches

Qui frémissent au froissement

Des billets neufs convoités.

7500 euros.

C’est le prix donné à « Ma vioque »

Un Slam qui m’est reproché,

Médiocre, comme justifié. 

« On ne dit pas cela des vivants »

Alors, assassinons les morts ?

Incendions les mémoires

De crémations en libations.

Le prix de la liberté d’expression.

7500 euros un poème, estimé.

Chapeau bas, même si c’est pour moi.

L’estimation juteuse

Vaut bien quelque roteuse

En libations, amis

Fêtons cette ironie,

Que le son des bouchons

Alerte les salopes

Sur Face Book les espionnes

Les pleutres qui ne vivent.

J’empaffe les poltronnes

Que leur ventre sec grossisse

Éclate de mille larves

Des haines qui brouillonnent

Dans leurs matrices souillonnes.

C’est le prix de leurs chaînes

Elles se sont arrimées, esclaves,

Au jugement, asservies, viles naines,

7500 dettes à régler à jamais

En consciences inquiètes.

Sur chaque sou dépensé,

Je serai imprimée.

À chaque instant volé,

Je serai agrippée.

7500 peines à venir

Prix de la trahison

De mère en fille, léguée.

Zola aurait aimé

Cette famille maudite

Toutes ces compromissions

Ces excuses stériles

À leur mère vouées.

Leur mère qui ne les aime.

7500 euros, prix de l’amour ?

Faut pas rêver, chantez,

Beaux merles, bavez

Autant que vous voudrez.

Mon nom n’est que papier

Mes gènes sont avariés

Mais j’ai su purifier

De mon sang les envies

Certaines jalousies sont autant de boulets

Que je laisse aux tout petits bonnets

Aux veines contaminées qui courent

Aux cerveaux putréfiés de sales garces

Aux sourires figés, aux masques endimanchés

Qui glacent, rituel rictus en figure bonne enfant

En défaut de montrer leur âme de serpent.

À la famille piège à con

Je lègue malédiction

Et quand sera venue

La prochaine éviction

Du cercle qui se réduit,

Peau de chagrin l’avait dit,

Je ne ferai que boire

À la sottise crasse

De cette sombre mélasse.

Je compterai les points

En déduction fatale

Au tableau de famille

7500 dettes en souffrance

À régler sans outrance

Et se dessine déjà

Au front des juges honnis

Le rouge des bannis

À leur tour jugés

Aux secrets de famille

Soulevés par leurs filles.

Pire sera la sentence

Car elles sont démunies

Petits « a » acariâtres

Qui n’ont pas su grandir

Et sont marquées du sceau

Du Z de Zibelyne.

 

 

Zibelyne, 27 juillet 2016

1977

 

C’est en mille neuf cent soixante-dix-sept

Année de merde comme les autres

De la décennie soixante zonarde

Que se joua la forfaiture.

Trente-neuf années de silence hypocrite

Et de fourberie ont suivi la fêlure.

La garce s’est tue.

De manœuvres elle a vécu,

Sans remords, sur son gros cul.

Sa vioque est un phoque enflé

Qui remue son gras croupion

Dans la fiente de son cerveau

Vérolé,

Calcifié

Sclérosé.

2016 la voici grabataire

La vieille peau vissée sur son pot

Et voici que surgit, olographe

En exhérédation

De la patte du père

La dernière humiliation.

Déshéritée. Ils l’ont fait.

La môme malingre surgit

Sa faute en ventre plein.

La faune des rues verdit

Comme la jupe ras la moule

Qui lui valsait sur la pomme

Comme la ceinture allait cuire

De ses clous son dos, de son cuir

Imprimé joli, dans ses chairs.

De son nez elle brisait les éviers

Sous le joug de l’ivrogne choisi

À qui ils l’avaient laissée.

Déshéritée.

Pour avoir fauté, le ventre empli

D’un pois chiche, de la graine, trop tôt prise

D’un connard qui sortait du mitard,

D’une mioche qu’ils ont gardée

Avalant son salaire

Maigre pécule, viandards,

Avant d’un jour lui vendre

La bicoque du grand-père

Sournoisement détournée

Par la main au panier

Déshéritant sœurs et frères

Déjà, c’est une manie,

De lui vendre, disais-je

En multiple honteux

Et sous table de pire

Tandis que dormait l’olographe

Attendant l’heure vicelarde.

Engraissés des billets

Ils ont construit les cases

De toutes ces destinées.

La mort attendait l’heure

Pour emporter le père.

Sa case fut de bois

De ce chêne lourd et blond

Qui craque sous le poids

De la honte des cons.

Hydraté par les jus

Du cancer en semonce.

Mort annoncée

Mort attendue

Mort assistée

Par la chiarde, par la mère.

Les yeux fermés

Les cœurs vides

Les bourses avides.

La mort devait attendre,

Elles voulaient en prétendre.

Longtemps elle eut pitié

De leur asservissement.

C’est fini.

Sa vioque est un gros phoque.

Son vieux était un fielleux.

La chieuse était vénale

Comme la mère qui livrait

À la galère ses filles

Pour amoindrir l’effort

Et pavaner à l’aise.

Pondre pour amasser

Les aides et les allocs

En façades de maisons.

Façade.

Ne pas être.

Paraître.

Telle est l’éducation

Reçue par ses rejetons

La vieille peau a tissé

La toile où elles gigotent

Ficelées, engoncées

Tristes gourdes idiotes

Par les jus en semonce

Qui montent sur leurs pompes.

La mort arrive.

Mort annoncée

Mort attendue

Mort assistée

Par des chiardes hypocrites

Qui tendent, sourire, leurs griffes

Les oreilles fermées

Les cœurs vidés

Les bourses avides.

Le père n’a pas suffi

Elles déchirent les restes

De la vitrine funeste

Et lapident leurs sœurs

Pour trois morceaux de beurre.

Lapidaires

Juges et partie

Coupables en attente

De se juger entre elles

Culs sales et bouche fiente

Font ménage de l’instant

L’éternité attend

Le vrai visage des gens.

Parlons des vivants

Pendant qu’il en est temps.

 

 

Zibelyne le 26 juillet 2016

Mon vieux

À mon enflure de père

Qu’il se retourne sous Terre

Qu’il attrape ma mère

La farcisse de ses os,

De pourriture amère.

Qu’ensemble ils se repaissent

D’une dernière baise

Le squelette au panier

De la vioque lardée

En ultime secouée

Pour m’en débarrasser.

Que l’on déligne les planches

Jouons en coudées franches !

La terre impatiente trépigne

Le père, vers luisants en queue

Bande en rageuses retrouvailles.

La vieille garce peut serrer les fesses

Après les cordons de la bourse,

Les siennes sont tombées,

Emberlificotées

Dans la soie élimée

Et ne gonfleront plus

Que les bulles de gaz

Soulevées par les vers ;

Si j’avais su, mon père,

Je les aurais coupées,

 

Lors du dernier baiser,

Si j’avais su, mon vieux,

Qu’avant de calancher,

En joyeuse billevesée,

J’étais déshéritée.

C’est 40 ans plus tard,

Que sonne le père Fouettard.

40 ans de silence

De ton triste avatar

Qui, de sa pestilence,

Me pourrit sur le tard.

Putain, je suis sortie

De cette chatte, de ce vit,

De cette trahison

Qui n’aura pas pardon.

Toi mon enflure de père

À qui j’avais gardé,

Tendresse en déraison,

C’est toi qui as signé

L’olographe assassin

Qui me délivre enfin

Du dernier de mes liens.

Vous qui m’avez jugée

Pour vous avoir fuis

À 16 ans dépucelée

À 17 engrossée

Par ce zonard haï

Qu’il a fallu marier.

Que vos cadavres emportent

Vos noirceurs, vos rancœurs !

Vous m’avez déflorée

De votre avidité

De vos craintes arides

De voir vot’ fric filer.

Vous qui m’avez flouée

Qui m’avez fait payer

Les faux sourires gagés

En garde de mes bébés,

Durement monnayée

Fut votre parenté,

Et je chie sur vos tombes

Avant qu’elles soient jumelées,

Orpheline, dépouillée

Des trois sœurs sur qui tombe

Le pactole dévoyé

De la note que sans cesse,

Vous me faites régler

Pour avoir refusé

D’un jour, vous ressembler.

Vous qui m’avez jugée

Sans jamais vous renier

Unissez dans vos tombes

Vos immondicités.

Que papa et maman

Meurent enfin, pour la vie,

La mienne qui vous emmerde

Et qui jamais n’a dû

Argent ou réussite

À vos faces de faux-culs.

Vous ne resterez pas

Pour la postérité

Vos frères et sœurs déjà

Furent déshérités

À coups de main au cul

Par le grand-père, portées

À ma mère trop avide

Pour se faire donner

Sa maison qu’à mon tour

Idiote, je vous achetai.

Cupides, si j’avais su,

J’aurais pas v’nu au monde

Dans cette famille immonde

Et je chie sur vos tombes

De toute ma faconde

De ma colère qui gronde,

Libérée de l’opprobre,

Déflorée, le cul propre,

Sans rien devoir au monde.

 

 

Zibelyne, 25 juillet 2016

Dis-moi dix mots, les 10...

Galère vogue en rade à l’amarre

Vogue en sur place à la ramasse

Sous l’œil du nuage qui amasse

Stoïque, sans âme, morcelant

Sa vie en lambeaux, échiquettes[1]

Stockées en ordonnancement

D’idées, liberté dévoyée.

Il a oublié les vagues

Lui qui surfe sur la toile,

Oublié les nuages

Qui couraient sur la grève.

Il ne connaît que celles

Qui rythment le quotidien

Des accès de partage

Sur les écrans nomades

Où les émoticônes

Sont les maîtres du jeu.

Galère vogue en rade à l’amarre

Vogue en sur place à la ramasse.

Oublieux des corsaires, il rame

Sur ses barrettes de mémoire ram

Rideaux de fer baissés

Sur son grave avatar

Il traque en fureteur

Rideaux de fer cerclés

Binocles sur le nez

Les pirates du virtuel

Voleurs d’identité.

Il a oublié les vagues

Lui qui surfe sur la toile.

Il a oublié les hommes et les femmes

Le goût des amitiés aux bars infâmes.

Ses favoris sont étoiles accrochées

À ces ciels illuminés qui hébergent

Son intense activité.

Nul canular ne saurait

Un soir l’en dissuader

Son sort en est jeté

Il est son prisonnier

Il s’est fait pirater.

Oublieux des corsaires il rame

Sur ses barrettes de mémoire ram

Voyage heureux sur la grand-voile

Vous télésnobe si on lui parle

C’est son navire sur la vague

D’infos de potes à la ramasse

De malandrins de grand chemin

Qui bourlinguent et se tiennent la main

Pour traverser les horizons

Crever le front du quotidien

Refaire un monde sans leçons

Se moquer du qu’en-dira-t-on.

Galère vogue en rade à l’amarre

Vogue en sur place à la ramasse

Sous l’œil du nuage qui amasse

Les données de sa mémoire cache

Pour le piéger là, dans la nasse

Qui l’arrime aux barreaux

De sa chaise de bouleau

Compagne de son dos

De son dos de chameau

Nomade au jeu des mots.

 

 

Zibelyne le 9 juillet 2016

Dis-moi dix mots 2016/2017

 



·       [1] Pile d’objets disposés perpendiculairement.

o    Colonne de bûches fendues située aux extrémités d’un rang de bois de chauffage.

o    Pile de planches.

·       Coffrage en bois dans lequel on met un poteau qu’on maintient vertical en tassant des pierres autour.

 

AMANTE

 

 

 

Il s’appelait Amante

Un nom qui sentait bon

L’amour la marguerite

Et l’herbe fraîche des prés

Où il aimait tracer

Gambader, folâtrer

Dans la grasse bien drue

Qui accueillait sa couche

Ses rêves les plus fous

De grands espaces roux

Comme sa descendance

Promise à la bouftance

D’aigrefins au cœur rance.

 

Il s’appelait Amanthe

Un nom qui sentait bon

Et qui plaisait aux cons

Abreuvés au Picon

Haranguant les piqueurs

Imbéciles suceurs

De son sang étonné

Qui s’enfuit au ruisseau

Sous les cris déchaînés

Des assoiffés idiots

Des lâches écouillés

Tassés sur leur derrière

En rangs comme des harengs

Planqués par des barrières.

 

Il s’appelait Amante,

Un nom qui sentait bon

L’amour la marguerite

Et l’herbe fraîche des prés.

Le mufle frémissant

De grands yeux gémissants

Inondé, mugissant

Il baigne dans son sang

Pour le flouze, l’argent

Le fric de ces gens

Venus entendre le cri

Lent de son agonie

Cri de la vie trahie,

Flouée, hypocrisie

De claques sur la croupe

En caresses sur la touffe

Entre ses cornes, ses cornes

Attrapées par les mains

D’ignobles assassins.

 

 

Il s’appelait Amante

Ses meurtriers me hantent

Les humains sont des chiens

De vils spadassins

Armés de banderilles

De faux émois en vrille

Ils descendent les pavés

D’un enfer fabriqué

Où chialent les foutriquets

Si l’on touche leur famille

Et se réjouissent en bandes

De la peur qui affleure

Aux grands yeux de l’horreur.

 

J’en appelle à ces pleutres

Aux pisseurs dans leur froc

Que leurs nuits se dépeuplent

De rêves de prairies

Et que leurs nuits enfantent

Des cauchemars nourris

De ces morts applaudies

En embrochées meurtries

De leurs chairs ramollies.

J’en appelle à ces veules

Humains au cœur tari

Planqués sous leurs gros bras

Organismes abêtis

Et qu’le petit quiqui

Qui leur sert de cerveau

Tombe sec comme les couilles

Dont ils se targuent, fripouilles

Pour Amante le taureau

Traîné par deux chevaux

Qui meurt dans un tracto

Jeté comme un cageot.

 

 

Zibelyne 12 juin 2016

FRANÇAIS DE COUCHE

 

Nombre de salopards

Ont engendré des gniards

Des putes et des voyous

De grand chemin partout.

Ils étaient nos ancêtres

Et n’allaient pas à vêpres

Pourfendaient, égorgeaient,

Violaient qui ils pouvaient

Et de vie à trépas passés

Sont devenus bien nets

Par ceux revendiqués

Français de souche nés.

J’y préfère les bâtards

Et tous leurs avatars

Débauchés, avinés,

Sans pour ça se cacher.

Et qu’importe le trou

Qui nous a vus vagir

Le vagin, le bouche-mou

Qui nous a vus glapir,

Nous sommes souvent le con

De toutes nos infamies

Le trou du cul abscons

De toutes ces âmes trahies.

Putains et assassins

Curetons et clampins

Nés tous indivisibles

D’une pine assassine

En un ventre, enfournée,

Merde à l’identité !

Que les cons qui se targuent

D’un sang pur, blanches outardes

Aillent ailleurs se faire foutre

Cochons issus d’une outre

Gorgée de jus d’bâtardes

Couplées d’ruffians qui lardent.

La souche est aux racines

Ce qui tient le tronc droit

L’ascendance est à l’homme,

Chicot d’hérédité

Bannière dévoyée

Des consanguins friqués.

Le pauvre ne se soucie

De r’vendiquer le prix

De l’histoire d’un temps

D’celui des temps d’avant.

Le pauvre ne se soucie

Que de pousser bien droit

De se garder en vie

Les pieds enracinés

Dans la glaise qui l’nourrit

La terre lui est sa souche

Nourrie d’humanité

Du mélange de racines

Solidement mêlées.

Et qu’importe la pine

Qui les a enfantés

Tendre, violente ou câline

C’est eux qui en sont nés

Eux seuls, métisse boutargue

Aux têtes cabochardes

Touchent du doigt le sel

De l’amour sans ret’nue

D’celui qui s’donne nu.

Merde à l’identité

Aux souches enracinées

Dans la sordide bêtise

D’une société tarie

De son humanité

Celle des Français de couche

Nombrilistes acharnés

De ce retour aux sources

Pourtant empoisonnées

De cousinages saumâtres

Aux ventres des marâtres

Engrossées, déflorées

Dans les campagnes noirâtres

En secrets de famille

Les pères sur les filles

Accouplés dans le lit

Des mères impavides

Français, de souches pourries.

J’y préfère les bâtards

Le mélange du grain

De peaux venues de loin

Voyageurs incertains

De ciels sans lendemains.

Et qu’importe la lance

Qui nous a fait jaillir

La semence, le foutre

Au chaud du moule à vit

La zézette à papa

Ne montre pas drapeau

Avant de donner vie.

Et j’emmerde les zobs tristes

Des coincés, des puristes

Qui ne savent la valeur

Du mélange des sueurs

De ne savoir, sourds

Entendre avec le cœur.

La généalogie

Ne compte pas les cocus

Les enfants du facteur

Les prises de guerre des tueurs.

Français de souche sont nés

De tristes vérités

De cocus, de violées

De pines défouraillées

Qui ne s’ront pas nommées

Aux secrets de famille

Trop bien dissimulés.

Je préfère les bâtards

Que nous sommes affichés

Souches déracinées

Libres de raisonner.

 

 

Zibelyne 8 juin 2016

VOYAGE

 

 

Je voyage dans les lettres

Qui habitent mes mots

Elles me devancent parfois

Griffant d’un S serpent

Un singulier aride

Courant entre les lignes,

En accents, en virgules

Courbés dans tous les sens

Aux vents de mon esprit

Qui s’évade, trop rapide

Vers le point à la ligne.

Et quant le T s’en même

Ajouté à mes verbes

Le S fait le gros dos

Tout comme l’escargot

Là, sous le parasol

De l’accent circonflexe

Qui réunit les traits

Du grave et de l’aigu

En abri sur le sol

Des voyelles qui bêê

Telle la chèvre au pré.

Et quand arrive Noël

Et son traîneau de jouets

Le tréma se trémousse

Fier de sa position.

De rouge et blanc vêtu

Il courtise le ciel

La traîne mousseuse des rennes

Qui fument des naseaux,

Le X bien dessiné

À l’attelage doré

Qui porte les paquets

Jusques aux cheminées

Pour vous faire s’exclamer !

Au petit matin frais

Après la nuit passée

À vous interroger ?

Dormant en pointillés…

Vous demandant, inquiets

Si aux branches du sapin

Dessous le point virgule

Qui suspend les guirlandes

Attendent, énumérés

Tous les cadeaux listés

Par la poste envoyés

En courriers bien écrits

Au père Noël joyeux

Qui aligne les paquets

Qu’il viendra vous livrer

Rapide comme l’éclair

Qui zèbre alors le ciel

Du signe de Zorro

Ou du Z de Zibelyne

Qui court après les lettres

Qui s’échappent en désordre

Pour écrire des mots

Des histoires en livres

Pour dire qu’le monde est beau

À la fois fou et ivre

Posé là sur son « Q »

Encadré de guillemets

En gros mot de sourire.

 

Zibelyne 30 mai 2016

 

 

 

 

 

AVEC DES FLEURS

Dites-le avec des fleurs,

Enrobez d’sucs mielleux

Vos pensées de fielleux

Vous le faites chaque jour

Faux-culs en désamour.

 

Dites-le avec des fleurs

Que sa tronche vous emmerde

Tu as l’air fatigué

Veux dire tu me déplais

Et du verbe, maniez

Tous ces beaux artifices

Qui rendent les jours meilleurs

Aux médiocres du cœur.

 

Dites-le avec des fleurs

Aux épines acérées

Lorsque cela vous sied

Et de roses, vous piquez

Lorsque vous déclarez :

Ma chérie, il est l’heure

D’aller te toiletter

À la chienne sans chaleur

Couchée sur l’canapé,

Lassée d’vous supporter.

Dites-lui avec des fleurs

En énorme bouquet

Éveillez ses ardeurs

Chauffez sa motte de beurre

Et sans plus de façons

Terrassez-lui le… con ?

D’une tige dépouillée

D’épines inutiles…

Je voulais dire, pardon,

Que les pines sont utiles

Et flûte aux flûtiaux ,

Funestes candélabres

Au placard kangourou

De leurs ancêtres glabres !

 

 

Faites-le avec des fleurs

Dénouez vos chacras

En d’augustes charretées

Plantez les jardinets

Et foin des plants d’poireaux

C’est de fûts qu’il vous faut !

Dites-le avec des fleurs

En senteurs, en odeurs

De stupre et de passion

Sans donner de leçons

Si c’n’est d’la dévotion

Et quand s’ouvre l’paradis,

D’la dame de vos pensées

Frétillez du grigri

Défrisez le persil

D’un verjus bien semé

Si elle vous laisse œuvrer.

 

Faites-le avec des fleurs

Mesdames mes amies

Semez les oreillers

De pétales de rose

Et s’il s’avise, le gros

De pieuter en chaussettes

Sabrez d’un trait fatal

Son avenir nuptial,

Virez sur la carpette

Son postérieur banal

Avant que sonne l’heure

Des aigres remontrances

Et du canapé rance.

 

Dites-le avec des fleurs

Changez-en le bouquet

De ses hampes florales

Le choix vous est donné,

Et s’il égrène des vers

Songez qu’en homonyme

Le ver est dans le fruit

Ou de pinard parfois.

 

Dites-le avec des fleurs

Sans cesse renouvelées,

Au propre, au figuré.

Dites-le avec des fleurs,

Ou avec elles, vivez.

 

Zibelyne 24 mai 201

En cloque

Je suis une femme en cloque

Je brame en solitaire

Engoncée dans mon froc

J’me marre l’nez dans mon boc.

J’rigole de la bedaine

C’est fini les fredaines

J’ai un mioche dans l’buffet

Une brioche enkystée.

C’est pas qu’jen voudrais pas

C’est pas que j’l’aimerais pas

Mais le père s’est barré

M’a filé une tournée

Le fumier s’est tiré

Au bras d’une vieille friquée.

Je suis une femme en cloque

Qui se noie dans son boc

Le bide dur comme un roc

D’un chiard, pris sur les docks

Au coin d’un rade tirée

Par un connard beurré

Ça d’vait bien arriver

A dit ma vieille, bouchée.

Alors j’balance des hanches

Au rythme des boutanches

Ventre en avant je penche

Du lundi au dimanche.

Mais quand j’l’aurai craché

Le marmot, le bébé,

Oui quand j’aurai vêlé

Comme une vache fatiguée

J’lui donnerai la tétée

J’les enverrai tous chier

Les bâtards, les fêlés,

Et leurs zobs avinés

Pourront se dessécher,

Je r’mettrai un noyau

À mon p’tit abricot,

Il pourra faire l’gros dos

Leur petit asticot !

Je suis une femme en cloque

Et les mich’tons j’m’en moque

J’ai mon lardon, mon mioche

Cette fois j’louperai pas l’coche

J’ai mon lardon, mon mioche

Plus rien ne sera moche.

 

Zibelyne 17 mai 2016

 

 

Boire

 

Boire pour savoir

Boire pour y croire

Glisser sur l’espoir

S’enivrer, et voir

Le soir, dans le noir.

 

S’enliser, coulée

D’une lave dorée

En gorge, filet

De feu, là, tapi.

Boire noyée

Boire pliée

Tanguer noire

Rouler poire

Poire frappée

Lapée au bar

Déchirée, grisée

 

Boire pour pouvoir

L’espace d’un soir

Rêver tour d’ivoire

Rivée au comptoir.

 

Boire pour pleurer

Ivre à dégueuler

Raide déboutonnée

Aux gogues échouée.

 

Boire pour respirer

Dénier et refuser

L’enfer réalité.

Mourir chaque nuit

Vivre chaque matin

Fuir

Ne pas mourir d’ennui.

 

Zibelyne le 17 mai 2016

 

 

Le blues du gynéco

Le blues du gynéco

Sur scène ou au bistrot

Fait pointer les tétons

Des pubères aristos

Scotchées à son caleçon

Moule bite, le fripon.

 

Le blues du gynéco

Gavé d’baveux bécots

S’trimballe fond d’cale pécho

D’une moule en mode marmot.

S’trimballe fond d’cale pécho

Essoré du poireau

Rincé du caberlot

A trop jouer des grelots.

 

Le blues du gynéco

Cuisses sur table mitonnées

S’patouille de mouille léchée

D’clito débarbouillé

Le nez dans le fossé

Le menton dans l’godet.

 

Le blues du gynéco

Nuit blanche tirée du slip

Envahit la clinique

De spermatiques lipsticks.

Et si l’bougre a la trique

Pourtant il f’ra bernique

Les couilles en porc-épic

Il rôde fantomatique.

 

 Le blues du gynéco

À la gratte se la tape

La banane dans l’calbut

La frite, rentre dans la butte.

La banane en culbute

Il plonge sans parachute

Le feu au chalumeau

Lutine et ripoline

D’la hampe les hauts fourneaux

Ramone de bas en haut

Dans nos rêves les plus chauds.

 

 

Le blues du gynéco

Attablé au tripot

Fait bisquer les michetons

Jaloux, les vieux barbons.

 

Mais l’gynéco a l’blues

De s’la taper sur l’marbre

Elle est bleue, elle a froid

Dans ses nuits blanches en voix

Qui braillent et gueulent d’effroi

Écartées au forceps...

Ça baille et chiale sans cesse

Et l’gynéco a l’blues

Quand il enfile sa blouse

De se prendre une bouse

Une giclée de perlouses...

 

Le blues du gynéco

Gavé d’baveux marmots

S’trimballe fond d’cale blasé

Le nez dans l’poudrier.

S’trimballe fond d’cale blasé

Planqué aux cabinets.

  

Zibelyne 24 avril 2016

Le monde

Le monde s’est endormi

Gavé de ses richesses

Exportées exploitées

Par d’acharnés fumiers.

Le vieux monde s’est roulé

Dans la facilité

Dans les nippes bon marché

Qui vous rongent la peau

Des pieds jusques au dos.

Et puis, il s’est jeté

Sur la technologie

Le high tech à bas prix

Sur les médicaments

Wagons de génériques

Importés de la Chine

Au même titre que les nippes

Et la technolofric.

 

Le vieux monde a dormi

Sur l’oreiller du monstre,

Politiques avachies

Populace asservie.

Le géant a secoué

D’une patte l’assoupi

Il y a cinq années

Regardant son nombril.

 

La Chine est éveillée

Et son ventre est sali

De nos tares et déchets

Englué et raidi.

Le vieux monde effaré

Se gratte encore le nez

D’avoir perdu la faim

De savoir d’où il vient,

Où il va, dépouillé

D’un savoir faire tari

Pour de véreux pourris.

 

La Chine est éveillée

Nous toise de son nombril

Centre d’un monde détruit

Elle règne sur nos envies

Pantins de comédie.

 

 

10 mai 2016

Puce

C’est rond, c’est tendre, c’est chaud

Ça chavire en ballant

Sous la main ça s’épouse

Et soudain, disparaît

Glisse de l’autre côté.

Vous sombrez en son sein

Gifle d’une mamelle

En saut de carpe mutin

Vertige de plumard

On baise au creux du lard

En recherche, du dard

La tendresse éphémère

Bout d’zan en rentre-dedans

Débusqué au mitan

De cuisses de géant

Au sillon démesure

Vigie noyée perdure

Aux pets tonitruants

Qui rythment son battant.

 

Parvenue à la voir

Du moins, l’apercevoir

La tempête l’avale

Au détour d’un rebours

Débordant au débours

D’un cratère fumeux.

D’une détente fameuse

Elle fuit la crête baveuse

Et d’une montagne sans fin

Entame l’escalade

Mais la pente est bien rude

Et glisse vers la ravine

Troubles monts en gelée

La ramènent à la pine

D’un tout schuss gracieux

Évite la galopine.

 

Las ! Une pogne choit !

Sans cri, elle, si câline

Rend les armes sans voix

Rend l’âme dans l’abîme

D’un ventre rond et tendre

Qui chavire en ballant

Sous la main qui l’épouse

Et soudain, disparaît,

Glisse de l’autre côté,

La puce, énamourée

 

 

Zibelyne 6 mai 2016

Femme

Femme fardée se dévoile

Femme obscène ventre à l’air

Femme violée, tripes à terre

Femme cible d’hommes à poils.

 

L’islam, il est malade

De ses p’tites frappes en rade

J’suis l’arabe de quelqu’un

Nique ta mère et prends ma main

Là, dans l’sac de ton voisin.

 

Femme mère en galère

Femme enfant fesses tonnerre

Femme naïve en jachère

Femme seulement, dur comme fer.

 

L’islam, il est malade

De ses hommes infidèles

Qui traquent la rondelle

Niquent les meufs triquent leur vie

Sans merci de leur vit.

 

C’est comme les catholiques

Qui ont toujours la trique

Et se trempent la bourrique

Dans une grande bernique

Pour r’commencer, lubriques.

 

L’catho, il est malade

De ses dévots aveugles

J’suis le juif de quelqu’un

Baise mon frère et prends ma main

Là, dans l’slip du curotin.

 

Comme les juifs qui se la ramènent

Devant le mur d’Jérusalem

D’une ancienne terre refilée

En rémission de nos péchés

Au nom de quoi, je vous le dis

Puisque c’est aux arabes, pardi.

 

L’judaïsme il est malade

Des ses frisettes en marge

J’suis l’athée de quelqu’un

Forniquons main dans la main

Là, au milieu des coussins.

 

 

Femme oiseau, femme plumée

Femme lettrée, déchirée

Femme proie, femme effroi

Femme y croit, femme ploie.

 

Comme ces femmes sous le voile

Pour plaire aux assassins

De ces myriades d’étoiles

Qui n’ont plus de vagin.

Femme objet, femme couteau

Femme meurtre, femme folie

Qui sévit en corbeau

Victoire de femme bafouée

Sur l’autre pour se venger.

 

L’islam il est malade

De ses femmes otages

J’suis la femme sans foi

Nique Daech et prends ma main

Là, en pensant à demain.

 

C’est comme les catholiques

Du pape et de sa mitre

Qui absout laconique

Les curés pédophiles

Qui enculent, scatophiles

Les mioches religiophiles.

 

Qu’ils soient d’allah ou d’jehova

Qu’ils soient d’jésus ou d’blablabla

Tout ça c’est des mecs qu’en ont pas.

mahommet, jesus, jehova

Sont les trois grands gourous pour quoi

On viole, on tue, on pille en foi.

 

Femme s’élève, femme rit

Femme se dresse, femme crie

Femme droite, femme belle

Femme fatale, femme toujours.

Femme emmerde les machos

Femme crache sur les dévots

Femme sortie de son cachot.

 

Zibelyne mai 2016

 

 

Les majuscules ont volontairement émasculé les tenants des religions assassines.

Flouze

Y en a j’vous l’dis, y en a

Du pèze, du grisbi, du fric

Ça pue même par endroits

Y en a qu’en font des tas

De pièces ou de biftons

Et y a les gros patrons

Qu’en remplissent leur bidon

De gras de suif lascif

À péter l’élastique

De leur calbar massif

Qu’est rayé à la raie.

Le fric ça colle au cul

S’il n’est pas partagé.

 

Y en a qui veulent du flouze

Pour acheter des bagouses

Des perlouses pour la p’louse

Les babasses serties

De diams, ça vous dit ?

 

Y en a qui s’voilent la face

Courbés devant le voile

Et qui rampent pour laper

Le jus de la gamelle

Du communautarisme.

Ils vendraient même leur âme

Si ce n’était trop tard

Ils n’en ont jamais eu

Ces fumiers, ces bâtards.

 

Y en a qui jouent en bourse

Vot’ pèze de p’tits péquenots

Les banquiers en banqueroute

Nous baisent tous, les salauds.

 

Y en a j’vous l’dis, y en a

Du fric d’la fraîche en barre

Ça pue même par endroits

En tout cas pas chez moi.

 

Y en a qui s’enrichissent

Sur le dos des fuyards

Les passeurs, les traqueurs

De gogos en partance

Vers d’autres cieux rieurs

Où les guettent les pleurs

Et quand le flot ramasse

Sa moisson d’épouvante

L’marchand d’canot en face

Comptabilise ses ventes.

 

Y en a qui s’grattent les couilles

En r’levant les compteurs

Y z’ont que ça à foutre

Ramasser les capotes

C’est pas un job de mac

Pas comme mettre en compote

La tronche du gonze d’en face.

 

Y en a qui mais pas moi

Moi j’m’en cogne des perlouses

J’vous invite sur la p’louse

Du cloître de l’abbaye

En juin à Cormery.

Pas payé pas payant

Telle est ma devise

On joue on clame on gueule

On rit on mange on boit

On écrit l’avenir

On construit, grains de sable

Notre château en Espagne.

On est potes, on s’en fout

Des gondoles à Venise

Car les cœurs des poètes

Des vrais, qui s’la pètent pas

Se retrouvent n’importe où

Le monde, il est à eux.

 

 

Zibelyne 20 avril 2016

Putain d'progrès

 

J’ai iphoné à mon mari  

Et j’lai trouvé vissé au lit

À une pouffiasse qu’en a bien a ri.

 

Putain d’progrès, moi j’ai les foies

J’aimerais bien vivre, peinarde une fois

Dans mon paddock couché en croix.

 

J’ai acheté une brosse à dents

Y avait un CD livré dedans

Pour compter celles qui foutent le camp.

 

Putain d’progrès, moi j’ai les foies

J’aimerais bien vivre, peinarde une fois

            Mes chicots y s’connectent pas.

 

J’ai invité ma belle-maman

Elle m’dit j’ai rencontré Adam

Sur Blablacar, évidemment.

 

Putain d’progrès, moi j’ai les foies

J’aimerais bien vivre, peinarde une fois

            Et qu’la belle-doche elle baise sans moi.

 

Je suis rentré à Séphora

Y avait un noir plus grand que moi

Qui s’branlait la bidoche du doigt

J’lui ai dit qu’est-ce que tu fais là ?

Il m’a répondu tout comme toi

J’m’emmerde pour des gonzes qui m’aiment pas.

 

Putain d’progrès, moi j’ai les foies

J’aimerais bien vivre, peinarde une fois

            De Molenbeck à Quincampoix.

 

J’ai eu ma vioque au bout du fil

Elle m’a pourrie, je l’ai vomie

A plus d’cent ans, la saloperie

Elle carbure au potage magique

À la bouffe de conserverie

Truffée d’trucs qu’en font une momie.

 

Putain d’progrès, moi j’ai les foies

J’aimerais bien vivre, peinarde une fois

            Avant d’être vieille et conne parfois.

 

J’ai lavé les fesses à mon chat

Il avait les couilles dans l’caca

Même chez les chats, ce n’est pas ça... (bis)

 

Putain d’progrès, moi j’ai les foies

J’aimerais bien vivre, peinarde une fois

            Sans poils au cul, j’en mourra pas !

 

 

Zibelyne. 8 avril 2016 

Ma vioque

Un beau dimanche de juin

J’ai entendu l’tocsin

J’me suis levée vite fait.

 

C’était la voix d’ma vioque

Qui braillait comme un phoque

Dans mes cauchemars loufoques.

 

Ça faisait un paillon

Qu’j’l’avais pas entendue

M’engueuler la sale vioque.

 

J’me suis débarbouillée

Pour chasser la bordée

D’ma mémoire, d’ma caboche.

 

Ma vieille c’est du gâteau

Qu’est pourri au milieu

Là où y a l’cœur, ballot.

 

Elle sait chier dans son froc

Emmerder l’personnel

De la maison d’retraite.

 

Elle est pas siphonnée

Elle sait très bien c’qu’elle fait

Haïr la maisonnée...

 

Ma mère, elle aime le fric

Et se faire lécher l’cul

La gerbe, moi, c’est foutu !

 

Moi, j’rigole dans mon coin

Et je n’serre plus les poings

Depuis qu’l’ai sue cocue

 

Même que mon vieux papa

Au cimetière, sous le marbre

Tu picolais, parfois...

 

Elle t’a bien fait crever

Mais tu t’es rebellé

Sans doute que j’tiens d’toi...

 

C’est triste de trop savoir

Combien le monde est noir

Moi j’men fous, j’chante le soir

 

Ma vieille c’est un poème

Que l’on suit à la trace

La nuit, dans les couloirs.

 

J’dois être un peu comme elle

À la r’garder d’travers

Dans mes cauchemars de vioque...

 

Elle claqu’ra sans me voir

L’caberlot en sifflard

J’pardonne pas aux sales loques

Aux pourris dans l’miroir

Qui s’la jouent d’la breloque

Planqués sous un pébroc.

 

Alors j’ai adopté

Belle-maman, la belle-doche

De loin, faut pas charrier...

 

Pour pas qu’elle m’rie au nez

Moi j’aime pas les emmerdes

J’aime les gens, pas la merde.

 

Les vioques du ciboulot

Ça s’repère en lève-tôt

Ça s’hérite, les chameaux.

 

J’ai sauté ma tournée

Refusé l’héritage

La vie d’anthropophage.

 

J’carbure aux sentiments

Aux bonshommes, aux amants

J’ai pas d’fric et j’m’en branle...

 

Et si on m’lèche le cul

C’est pas pour figurer

C’est au paddock que j’baise

 

Pas comme la flopée d’niaises

Qu’inventent toutes des fadaises

De mère en fille, balaise !

 

Pour finir solitaires

La moule serrée qui biaise

Et l’cœur ridé qui crache

Du venin chaque matin

Comme ma vioque qui me hait

Priant pour m’dégommer

Si j’m’avisais, idiote

Un jour d’franchir la porte.

 

Ma vieille c’est du gâteau

Qu’est pourri au milieu

Là où y a l’cœur, ballot.

 

Zibelyne, 12 avril 2016

Le glouglou du cubi

 

Le glouglou du cubi

Au soir de nos envies

Réchauffe le zigouigoui

Des vieilles et vieux débris.

 

Le glouglou du cubi

Siphonné sur l’tapis

D’belote ou bien d’ramis

Au Diable, la patrie !

 

Le glouglou du cubi

Donne envie d’faire pipi

Aux papys aux mamies

Qui s’chatouillent le frifri...

Et quand il se tarit,

Le cubi qui a fui

L’couteau du père Henri

Décalotte le bibi

D’la boutanche à pas d’prix

Écartée sous le lit

À barreaux du petit

Car l’glou-glou du cubi

Ça s’rompt pas à l’envi

Y a d’la r’ssource mon ami

Et demain c’est lundi

On remplira l' caddy

De pinard sans souci.

 

Et l' glouglou du cubi

Au soir de nos envies

Réchauff’ra l’zigouigoui

Des vieilles et vieux débris. (bis)

 

Ève Zibelyne

 

 

4 avril 2016